Public cible
Débutants, étudiants et professionnels qui souhaitent acquérir une pratique structurée dans ce domaine.
Réduire l'impact environnemental d'un service numérique en partant de mesures vérifiables : où passe réellement l'empreinte, quels leviers comptent vraiment, et ce que la directive européenne sur le reporting de durabilité demande réellement — avec un cadre daté et ses points d'incertitude.
Débutants, étudiants et professionnels qui souhaitent acquérir une pratique structurée dans ce domaine.
Comprendre les notions essentielles et les appliquer dans un projet vérifiable.
Aucune connaissance préalable n’est strictement obligatoire ; les prérequis détaillés sont précisés dans les ateliers.
Tous niveaux
La validation repose sur les évaluations actives et les livrables pratiques du cours.
Un ordinateur, un navigateur et les outils indiqués dans le premier atelier sont suffisants pour commencer.
Établir un état des lieux d'impact avec périmètre, mesure de référence et plan.
Obligatoire ConsulterHiérarchiser des actions d'impact et auditer la reproductibilité de chiffres avancés.
Obligatoire ConsulterLe premier réflexe quand on parle d'impact environnemental du numérique est de produire un pourcentage. Ce réflexe produit presque toujours un chiffre faux, et il est la cause de la désinformation la plus répandue du sujet.
Elle se décompose en trois parts qui n'appellent pas les mêmes leviers :
La conséquence pour un professionnel : l'action la plus efficace n'est pas celle qui économise le plus d'électricité au quotidien, c'est celle qui retarde ou évite un remplacement de matériel. C'est contre-intuitif, et c'est la conclusion de l'ensemble des travaux du domaine.
Le chiffre « le numérique représente environ deux pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre » circule depuis des années. Il est faible et surtout très incertain : les estimations varient fortement selon les périmètres retenus, et il a été plusieurs fois révisé à la baisse à mesure que les travaux progressaient.
Le raisonnement juste n'est pas de dire que ce chiffre est faux : c'est de dire qu'il compte le moins. Comparer une population et son smartphone à l'industrie automobile du même nombre n'a pas de sens, parce qu'ils n'ont ni la même fonction, ni le même usage, ni la même intensité. Un chiffre présenté sans son périmètre ne permet aucune décision.
Tout chiffre d'impact numérique doit être accompagné de trois mentions, sans quoi il est inutilisable :
Sans ces trois mentions, un chiffre d'impact numérique est une opinion présentée comme une mesure — et c'est exactement ce qu'un client, un auditeur ou un régulateur vous reprochera.
Toutes les bonnes pratiques ne se valent pas. Les ordonner est ce qui distingue un vrai programme d'une liste de bonnes intentions.
Le choix d'un hébergeur « vert » est le levier le plus cité et l'un des moins rentables, parce que l'impact dépend de l'origine réelle de l'électricité. Un datacenter qui compense ses émissions en achetant des certificats sans production renouvelable correspondante n'a rien réduit du tout : un certificat est une promesse commerciale, pas une preuve. Vérifier l'origine réelle de l'électricité est donc un travail de vérification, pas un argument de communication.
Un gain environnemental annoncé sans mesure initiale n'est pas démontrable. Sans valeur de référence, on ne peut pas prouver qu'une action a fonctionné, et l'action devient un coût sans résultat — ce qui est le meilleur moyen de se faire couper un budget l'année suivante.
La directive sur le reporting de durabilité a transformé une exigence morale en obligation documentée. C'est ce qui change tout pour un profil technique : on ne mesure plus pour donner bonne conscience, on mesure parce que le document sera contrôlé.
Le calendrier s'applique par vagues, ce qui explique qu'on en parle autant :
Le seuil français de « grande entreprise » repose sur trois critères — plus de 250 salariés, plus de 40 millions d'euros de chiffre d'affaires, plus de 20 millions d'euros de bilan — dont il faut dépasser au moins deux.
Un paquet de simplification est en cours et modifie les échéances et l'assiette : un acte délégué « quick fix » révise les ESRS pour éviter des informations supplémentaires sur les exercices 2025 et 2026, et une directive « stop the clock » repousse l'entrée en application des obligations pour les vagues deux et trois. Des discussions portent aussi sur un recentrage sur les entreprises de plus de mille salariés.
Conséquence pour la méthode : un tableau d'échéances recopié en 2024 est probablement faux. La compétence attendue n'est pas de connaître les dates, mais de savoir où les vérifier et de dater ce que l'on avance. C'est exactement la même compétence que le cycle de vie des versions dans le cours .NET, et pour la même raison : le texte évolue plus vite que les formations.
Les douze normes ESRS imposent des informations structurées. Pour un profil technique, la question est simple : quelles données un développeur peut-il fournir, et lesquelles ne dépendent pas de lui ?
La trajectoire de réduction, la politique sociale, la gouvernance, le budget : ce sont des décisions de direction. Le rôle du profil technique n'est pas de les produire, mais de fournir la donnée qui les éclaire. Un développeur qui invente une trajectoire de réduction s'attribue une compétence qui n'est pas la sienne, et le document perd sa crédibilité dès la première question.
C'est pourquoi la compétence Green IT n'est pas d'être « écologiste » : c'est de savoir mesurer, tracer et documenter des données dont l'usage décisionnel se décide ailleurs.
Le critère de qualité d'un chiffre de durabilité est simple et exigeant : quelqu'un d'autre doit pouvoir le recalculer et trouver le même résultat. Concrètement : la source, la période, la méthode, le périmètre, le responsable. Un chiffre avancé en réunion et impossible à reproduire en cas de question est un chiffre qui sera retiré — et qui discreditera tous les autres.
Un jeu de données de télémétrie alimente un indicateur pendant des années. Il contient donc des données personnelles au sens du RGPD, et il obéit à une obligation de conservation minimale. Réduire le nombre d'envois de télémétrie abaisse l'impact et réduit le risque juridique en même temps — c'est un des rares leviers où les deux objectifs sont alignés, et cela vaut la peine d'être noté.
Établir un état des lieux d'impact numérique pour une application réelle de son choix : périmètre, mesure de référence, classement des actions par impact, plan de mise en œuvre sur douze mois, et indicateurs de suivi. Le livrable inclut la note de méthode détaillant comment chaque chiffre a été obtenu.
Le jury retient ceci : le document est-il utilisable dans une conversation avec une direction qui ne connaît pas le sujet ? S'il faut être du métier pour le comprendre, il est raté — même s'il est techniquement irréprochable. Le rôle de ce travail est de faire décider quelqu'un qui n'a pas le temps de comprendre la technique.
Le cadre réglementaire évolue au moment de la rédaction de ce cours. Le module 2 donne l'état relevé au 29 septembre 2026 et indique la source officielle à consulter. Un plan d'action qui s'appuie sur un calendrier périmé devient faux, et un document faux se retourne toujours contre son auteur.
Etablir un etat des lieux d’impact, avec un perimetre et une mesure de reference.
Publié le 29/09/2026